Les traditions de Noël

Noël est une fête pleine de spiritualité, de magie, de chaleur… Nous rentrons chez nous chaque soir au milieu de ces belles couleurs qui nous accueillent, entre décoration, bonnes odeurs de cuisine et rires dans l’attente du jour fatidique. D’où vient cette petite chaleur, cette petite lumière qui s’allume au creux de notre cœur en plein milieu de cette froide saison ? Que symbolisent spirituellement toutes ces belles traditions que nous entretenons en décembre ? 

Les décorations de Noël

Commençons déjà par étudier ensemble quelles sont les différentes décorations qui symbolisent dans nos cœur chaleur et bonheur en famille. La première d’entre elles, qu’on retrouve presque dans toutes les familles françaises, et même à l’internationale : c’est le sapin

Le sapin est un arbre à feuilles persistantes : c’est-à-dire que ses épines ne tombent pas l’hiver, elles se renouvellent sans cesse en toute saison. Sauf bien sur quand on le coupe et qu’on en fait un arbre de décoration : on peut être sûr d’avoir à passer l’aspirateur tous les jours ! C’est grâce à ses épines qu’il symbolise le renouveau de la vie, la résistance face au froid de l’hiver. La tradition de décorer son salon avec un sapin pour Noël remonte au Moyen-âge, mais il ne s’est répandu qu’au XIXe siècle. Il est souvent décoré de mille couleurs et d’une étoile à son sommet qui représente l’étoile de Bethléem qui guida les rois mages jusqu’à Jésus pour la religion chrétienne. 

La crèche est une représentation de la scène chrétienne de la nativité : la naissance de Jésus. Elle représente la famille dite Sainte : Joseph, Marie et Jésus enfant, entourés d’animaux d’étable et des rois mages. Parfois, on y ajoute des figurines d’ange, de bergers, une représentation de l’étoile de Bethléem. C’est une mise en scène très religieuse qui rappelle les origines symboliques de Noël : la nativité. La nativité, plus que la naissance d’un sauveur représente la victoire de l’humanité sur le froid de l’hiver : le chaud et la lumière qui parvient toujours à naître au milieu des ténèbres. La crèche est souvent représentée par une étable, la dureté de la vie au milieu de laquelle se serrent des êtres vivants pour réchauffer le fragile corps de l’humanité. Spirituellement, la crèche représente aussi la réunion en famille autours de valeurs communes.

La chaussette de Noël regroupe de nombreux cadeaux qui tombent en son cœur la nuit de Noël. Elle fait le plaisir des plus petits et parfois des plus grands. Elle voit son origine dans l’Europe du Nord et du centre et est liée à l’histoire de Saint Nicolas. Nicolas de Myre ou Saint Nicolas était un homme très généreux en 280 ap. J-C. à la mort de ses parents il décida de dédier leur fortune à aider les plus démunis de son pays. Discret, il apportait des cadeaux la nuit aux enfants qui ne possédaient rien. Une légende raconte qu’un paysan perdit sa femme et se retrouva seul pour élever ses trois filles. Pour aider l’homme, Nicolas arriva la nuit devant leur maison et trouva sur le rebord de la fenêtre les chaussettes de jeunes filles en train de sécher. Il leur offrit à chacune une bourse d’or leur permettant de vivre sans être dans le besoin. Depuis, il est fréquent que les enfants de l’est de la France accrochent une chaussette de Noël au-dessus de la cheminée ou devant la fenêtre. C’est un symbole de prospérité et surtout de chance. La chaussette de Noël représente l’espoir : toujours cette petite lumière qui nait au cœur des ténèbres.

Le Houx est, comme la crèche, utilisé car il fait partie de l’histoire de la nativité. Les textes racontent qu’après la naissance de l’Enfant Jésus, la nouvelle se serait répandue que le roi des juifs serait né. Poursuivis par Hérode, le roi de la Galilée, tous les nouveau-nés juifs et leur famille durent fuir la ville de Bethléem. Parmi ces familles, Joseph, Marie et leur enfant étaient eux aussi pourchassés, prêts à être découvertes par les soldats du roi. Un buisson de houx se serait alors ouvert, protégeant la famille grâce à ses épines. En reconnaissance, Marie bénit cette plante, lui permettant de garder ses feuilles toujours vertes en dépit des dures saisons. Spirituellement, le houx, comme le sapin, représente donc la persistance et la résistance. Mais il est aussi un symbole de protection et d’immortalité.

La nourriture de Noël

En dehors de ce qui constitue les décorations de Noël, quand nous pensons au mois de décembre, nous rêvons tous de certains bons petits plats. Et ce qui réchauffe le plus souvent nos cœurs, ce sont toutes ces pâtisseries et desserts sucrés qui amènent une atmosphère de fête quand nous cuisinons avec nos enfants. 

La Buche de Noël est notamment un de ces desserts qui n’existe pas depuis longtemps et qui pourtant est forte d’une symbolique très importante. Au départ, la forme de ce dessert vient de la tradition durant l’antiquité dans les fêtes mythologique d’offrir aux Dieux une buche géante au solstice d’hiver et de prier pour la qualité des récoltes de l’année suivante. Cette tradition est réutilisée dans la culture chrétienne, beaucoup au Moyen-âge, la veille de Noël on lance une très grosse buche bénie dans le foyer qui doit se consumer le plus lentement possible. Mais pendant le 19e siècle, de nombreuses familles partent de la campagne pour venir vivre en ville, et la tradition se transforme en la dégustation d’un met succulent. La buche est un symbole de prospérité au printemps suivant, de chaleur et de réunion familiale ou amicale. La buche, qu’elle soit dans la cheminée ou sur la table, est le lieu où petits et grands se retrouvent pour partager leurs expériences.

Le pain d’épice existe depuis très longtemps, les égyptiens et romains cuisinaient fréquemment des pâtisseries mélangeant miel et épices diverses. On découvre la présence de ce pain sur les tables de Noël dans un texte de 1453, notamment dans les régions françaises de l’est : en Alsace par exemple. Le pain d’épice devient d’ailleurs un symbole culinaire de plusieurs villes d’Allemagne et de France. Les épices étaient en fait un très bon moyen de conserver la nourriture ce qui était important à l’approche de l’hiver. Alors plus qu’une friandise, vous pouvez retenir que ce met est encore un symbole de la résistance au froid ! 

Le sucre d’orge ou plutôt la canne en sucre de Noël est une tradition bien plus présente au Canada et aux États-Unis que chez nous. C’est d’abord une friandise rappelant la joie et l’enfance. Mais pour supplanter le péché de gourmandise et rapprocher cette friandise de la symbolique de Noël, on lui a attribué un sens religieux. Le bonbon blanc en forme de canne représenterait la pureté et l’initiale de Jésus, ou la canne d’un berger, tandis que les quatre bandes rouges seraient les traces de la flagellation du Christ et le sang qu’il a versé pour racheter les péchés des hommes. Il semble tout de même paradoxal qu’une friandise, qui appelle à la gourmandise, ait une origine chrétienne. Quoiqu’il en soit, la canne en sucre d’orge représente toujours aujourd’hui l’enfance et les couleurs de Noël. 

Les autres Symboles de Noël

La date du 24 et du 25 décembre n’a pas au départ une origine religieuse. Ou du moins, pas une origine chrétienne. Elle était fêtée dès l’Antiquité comme fête des Dieux du Soleil victorieux et de la Lumières. Un moyen surement de prier pour un hiver clément et pour de bonnes récoltes à l’année suivante. Plus tard, Noël est devenu le symbole de la naissance de Jésus de Nazareth : le Christ. La première célébration d’un Noël chrétien date du 25 décembre 336. C’est pendant le Moyen-âge que Noël devient une des fêtes les plus importantes d’Europe. Elle est plus tard diffusée dans le monde entier par la colonisation puis le phénomène de mondialisation. Si aujourd’hui Noël conserve ses origines religieuses dans de nombreuses famille, c’est aussi une date qui a été profondément déchristianisée. Elle garde tout de même la symbolique du regroupement familial. 

Le Père Noël a des origines diverses. Mythiques d’abord, l’imaginaire de sa représentation ressemble beaucoup aux images du Dieu nordique Thor : un vieillard à la barbe blanche qui s’habillerait de rouge et voyagerait sur un char. Mais son rôle et son apparence rappellent aussi Saint-Nicolas. Aujourd’hui, quel que soit son pays ou son nom « Santa Claus », « Weilnachstmann », il a le même but dans tous les pays : distribuer des cadeaux aux enfants dans la nuit du 24 au 25 décembre. Le Père-Noël est souvent représenté sur un traineau tiré par ses huit ou neuf rennes : Tornade, Danseur, Furie, Fringant, Comète, Cupidon, Éclair et Tonnerre. Le neuvième qui se nomme Rudoplh ou Rodolphe est créé en 1939 dans le conte du poète Robert L. May. 

Les cadeaux sont quant à eux très fortement reliés à la légende de Saint-Nicolas. Mais plus que cela, le don de cadeau est surtout une tradition présente dans l’humanité toute entière que ce soit à Noël, à son anniversaire et parfois à d’autres occasions. Le don est profondément humain, il est générosité et amour. D’ailleurs, le cadeau n’a pas toujours à être acheté, il peut être fabriqué ou être un objet réutilisé qu’on n’utilise plus. Le principal c’est l’attention qui y est apportée. Il résume bien la fête de Noël : quelque chose qui est devenue commercial mais qui, à l’origine est la preuve d’une volonté de se retrouver.

Alors au milieu de tous ces symboles et de toutes ces traditions, c’est à chacun de choisir celles qu’il veut et peut suivre. En fonction de ses croyances, ou non, en fonction de sa volonté de s’assoir en famille autours d’un bon feu de bois ou d’une bonne buche. Le principal reste de partager.